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Joe Biden et Vladimir Poutine s'étaient rencontrés en 2011. Le premier était alors le vice-président d'Obama. keystone

Joe Biden entame son combat contre les dictateurs avec Vladimir Poutine

Le président américain n'est pas seulement en tournée européenne, mais aussi en mission: il veut défendre la démocratie contre des dictateurs comme Poutine.

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Dès son arrivée sur la base aérienne britannique de Mildenhall, Joe Biden a précisé les objectifs de sa tournée européenne:

«Nous sommes à un tournant de l'histoire du monde; à un moment où il deviendra évident que les démocraties non seulement survivent, mais qu'elles surclassent toutes les autres formes de gouvernement en saisissant les énormes opportunités qui se présentent à elles»

Le président américain a précisé qui il avait à l'œil en particulier: Vladimir Poutine. S'adressant au président russe, il a déclaré qu'ils répondraient à ses «activités nuisibles» d'une «manière robuste et significative».

«Nous devons discréditer toute personne qui pense que l'ère de la démocratie est terminée»

Joe Biden, président des Etats-Unis

Quant au caractère de Poutine, le président américain ne se fait pas d'illusions. Cet homme est «un tueur», avait-il déjà déclaré il y a plusieurs mois dans une interview télévisée.

Lorsque Biden rencontrera Poutine, à Genève, mercredi prochain, il précisera davantage ce qu'il entend par «activités nuisibles». Pour rappel, les services secrets russes sont à l'origine de cyberattaques contre la société américaine de logiciels SolarWind. Avec l'approbation tacite de Poutine, des pirates informatiques russes ont attaqué des pipelines et des usines de transformation de viande américains et ont extorqué des rançons.

The Villa Grange in the Grange park (Parc de la Grange in french) pictured on the shore of the Lake Geneva, in Geneva, Switzerland, Thursday, June 03, 2021. (KEYSTONE/Martial Trezzini)

La Villa La Grange accueillera le sommet Biden-Poutine à Genève. Image: KEYSTONE

L'Administration Biden n'est, semble-t-il, pas disposée à rester les bras croisés face à ces agissements. Jake Sullivan, le conseiller à la sécurité nationale, a donc déclaré, avant le sommet:

«Joe Biden ne rencontrera pas Vladimir Poutine malgré les différends que nous avons avec lui. Il le rencontre parce que nous avons ces différends. Nous pensons que la meilleure façon de comprendre ce que fait la Russie est de l'entendre directement du président»

L'approche du président des Etats-Unis vis-à-vis de l'Europe sera très différente de celle de son prédécesseur, le tonitruant Donald Trump. Joe Biden est considéré comme un diplomate discret. Et tandis que Trump se tenait impuissant aux côtés de Poutine à Helsinki en 2018, discréditant au passage ses propres services de renseignement, Biden représentera poliment, mais fermement les intérêts de son pays.

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Le président américain a entamé sa tournée européenne. Keystone

En même temps, le président américain est conscient qu'il devra réparer beaucoup de vaisselle cassée. C'est pourquoi il a déjà rencontré Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l'Organisation du traité de l'atlantique nord (Otan), pour réaffirmer l'engagement des Etats-Unis envers l'alliance militaire. Trump avait, à plusieurs reprises, remis en question l'objectif de l'Otan, faisant principalement pression sur les Européens pour qu'ils paient plus afin d'y adhérer.

De même, Biden sait que sa mission démocratique ne peut réussir que s'il maintient l'ordre dans sa propre maison. La démocratie américaine est actuellement en danger. Trump et les républicains ne menacent pas seulement une pierre angulaire de la démocratie avec le mensonge d'une prétendue manipulation des élections. En effet, avec les nouvelles lois électorales, ils font tout leur possible, dans les Etats qu'ils contrôlent, pour priver les personnes de couleur de leur droit de vote.

Un danger également reconnu par l'administration Biden. Encore une fois, le conseiller à la sécurité Sullivan assène:

«La réforme démocratique et le renforcement des droits de vote sont un impératif de sécurité nationale. Nous sommes en concurrence avec des modèles autocratiques, et nous devons montrer que la démocratie américaine fonctionne»

C'est précisément le point sur lequel Poutine est intervenu récemment. La semaine dernière, lors d'un congrès à Saint-Pétersbourg, il a mentionné le racisme rampant aux Etats-Unis et a souligné que «les opinions sur les systèmes politiques peuvent différer. Mais nous revendiquons le droit de décider comment organiser nos vies». Faisant un clin d'œil le 6 janvier dernier, le président russe a dit:

epa09247822 Russian President Vladimir Putin attends a plenary session of the St. Petersburg International Economic Forum (SPIEF) in St. Petersburg, Russia, 04 June 2021. The 24th St.Petersburg International Economic Forum runs from 02 to 05 June 2021. EPA/VLADIMIR SMIRNOV/SPUTNIK/KREMLIN POOL

Le président russe a critiqué la démocratie américaine. Image: keystone

«Regardez les mauvaises choses qui se passent aux Etats-Unis. Là-bas, les gens refusent de reconnaître les résultats des élections et prennent d'assaut le Congrès. Alors pourquoi quelqu'un s'intéresse-t-il à notre opposition non systémique?»

À la lumière des événements récents dans son pays, ces mots semblent plus que creux. Pour rappel, Poutine n'a pas seulement banni Alexei Navalny, son principal opposant, mais son organisation a également été déclarée «organisation terroriste». Toute personne qui continue à être active dans cet organisme risque une peine de prison pouvant aller jusqu'à dix ans.

A ce propos, Leonid Volkov, un compagnon de Navalny, a déclaré en réponse, dans une vidéo Youtube: «Dans ces circonstances, nous ne pouvons pas continuer. C'est pourquoi nous dissolvons nos bureaux».

Alors que Biden poursuit sa mission démocratique, Poutine veut se présenter comme un homme d'Etat pondéré. «Au sommet, il essaiera de tenir tête à Biden», note Michael Kimmage, historien et expert des relations russo-américaines, dans le magazine Foreign Affairs:

«Il ne cédera pas un pouce, démontrant au monde que la Russie est toujours une grande puissance»

On peut toutefois se demander s'il y parviendra. A ce propos, Kimmage assène: «En tant qu'autocrate de plus en plus déconnecté de la réalité et présidant à une économie qui se détériore, Poutine ne peut pas se permettre d'intensifier les conflits internationaux sans contrôle – plus particulièrement avec les États-Unis».

Adapté de l'allemand par jah, le texte original ici.

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