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Mes parties génitales sont plus foncées que le reste, c'est grave docteur?

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Pénis, grandes lèvres et tétons sont concernés.

Eh bien, il s'agit d'un phénomène tout à fait naturel, qui touche aussi bien les hommes que les femmes. Pas de panique, on vous raconte tout.

Robin Tutenges / slate



Un article de Slate

À première vue, c'est pour le moins étrange. Voire totalement incompréhensible. La couleur d'un pénis ne ressemble en rien, vraiment en rien, aux autres parties du corps. Plus foncé, il contraste très clairement avec les deux jambes qui l'entourent. À se demander ce qu'ils font là, tous les trois dans le même jean.

Ce constat n'est pas uniquement valable pour le sexe masculin: les grandes lèvres chez la femme connaissent le même sort. Tout comme les tétons, d'ailleurs. Les parties génitales, tous sexes confondus, ont le teint bien plus hâlé, exactement comme si on les avait exposées au soleil pendant des heures, tandis que le reste de notre corps attendait patiemment sous trois couches de vêtements, histoire de bien l'empêcher de bronzer à niveau égal.

Mettons cette théorie loufoque de côté pour l'instant. Regardons plutôt du côté de la science. Nos parties génitales ont-elles toujours été plus foncées que le reste du corps? Quand ce drôle de phénomène commence-t-il à apparaître? Et, surtout, comment l'expliquer?

Une sombre histoire d'hormones

On vous rassure tout de suite: ce phénomène est entièrement naturel. Votre voisin s'est certainement déjà posé la même question que vous. Tous les êtres humains y ont droit depuis la nuit des temps. Il y a fort à parier que, même en Grèce antique, on débattait avec vigueur au milieu de l'agora sur l'étrange couleur de son sexe.

Selon les dermatologues, il y a bien un moment dans notre vie où tout bascule. Un point de non-retour où nos parties génitales s'obscurcissent pour adopter cette teinte définitive. Cette étape n'est autre que la puberté, le laps de temps de transition entre l'enfance et l'âge adulte.

Lors de cette période mouvementée, tant psychologiquement que physiquement, le corps humain change de façon stupéfiante. Les seins se développent, les poils poussent à vue d'œil sous les bras et sur les zones sexuelles et... nos parties génitales changent de couleur!

À ce moment de notre vie, c'est la folie pour nos hormones. La production de testostérone et d'œstrogène explose respectivement chez l'homme et chez la femme. Cette augmentation n'est pas sans conséquence: les hormones influent sur la sensibilité des mélanocytes, les cellules de la peau responsables de la production de mélanine. Cette dernière influe à son tour sur la coloration de la peau en lui donnant un aspect davantage bronzé.

Pour résumer, la production accrue d'hormones à la puberté vient activer les mélanocytes présents sur les parties génitales, masculines et féminines, qui influencent directement la pigmentation de la peau sur ces zones.

Si la plupart d'entre nous n'ont pas identifié ce phénomène à l'adolescence, nous avons bien souvent pu en observer un autre similaire: les cheveux blonds des enfants ont tendance à devenir plus foncés avec l'âge. Là encore, le même processus est à l'œuvre.

Un symptôme parfois alarmant

À y regarder de plus près, il n'y a pas qu'au moment de la puberté que certaines parties de notre corps ont tendance à s'assombrir. Soyons clair, je ne parle pas ici de bronzette sur la plage, ni même de cette étrange tendance «bien-être» sur les réseaux sociaux, appelée «perineum» ou «butthole sunning» (que l'on peut traduire par «l'ensoleillement de l'anus»), qui consiste à exposer ses fesses, et, au passage, ses organes génitaux, trente secondes par jour face aux rayons du soleil.

En revanche, des facteurs de la vie courante peuvent influencer la couleur de nos parties génitales comme l'épilation régulière, mais aussi les frottements sur ces zones. Trop stimulé par friction, l'épiderme s'épaissit naturellement pour se protéger et sa teinte vire au foncé, précise Maxisciences.

Pendant une grossesse, les taux d'hormones fluctuent également et peuvent changer la pigmentation de la peau à certains endroits, notamment sur les aréoles et de façon linéaire entre le nombril et le pubis.

Pourtant, bien que l'on ne dise pas non à une petite teinte bronzée l'été au bord de la plage, tout changement de couleur de peau n'est pas forcement bon signe. Cela peut également être le symptôme d'un problème de santé important.

L'assombrissement de certaines régions comme le cou, l'aine et les aisselles peuvent notamment être synonyme de diabète, explique au Daily Mail la docteure Lindsey Bordone, dermatologue au Columbia University Medical Center à New York. Ce pourrait également être un signe d'Acanthosis Nigricans, une pathologie rare provoquée entre autres par un cancer ou l'obésité.

Blanchiment et châtiment

Cette couleur plus sombre de nos parties génitales n'est visiblement pas du goût de tout le monde. On le sait, il existe des crèmes pour s'éclaircir la peau du visage, des mains ou des bras... bref de tout le corps. Oui, de tout le corps. Même le pénis et la vulve.

Cette lubie du blanchiment touche en effet les parties génitales, et, outre les crèmes, les pilules et les savons éclaircissants, des traitements laser existent, notamment au Royaume-Uni, où votre vulve peut être changée de couleur en dix minutes pour 500 livres (environ 630 francs), relate La Libre Belgique.

Le phénomène est particulièrement présent dans les pays du Moyen-Orient et d'Asie, où la peau blanche, signe de richesse, est valorisée. Voire sacralisée. À Bangkok par exemple, l'hôpital Lelux accueille trois à quatre personnes par jour souhaitant se faire blanchir le pénis ou la vulve, explique franceinfo.

Cette pratique est pourtant loin d'être anodine. En 2018, la docteure Vanessa Mackay, gynécologue et porte-parole du Collège royal des obstétriciens et gynécologues en Angleterre, alertait sur le fait que ce genre de pratique pouvait «endommager la peau délicate de la vulve et perturber l'équilibre fragile des bonnes bactéries à l'intérieur du vagin». En outre, de telles modifications peuvent entraîner des irritations, des inflammations et des infections, telles que la vaginose bactérienne ou des mycoses.

Mieux vaut donc laisser tranquille son pénis ou sa vulve. Entre nous, cette petite couleur foncée n'est pas sans leur donner un charme certain et peut être un excellent sujet de conversation sous la couette.

Cet article a été publié initialement sur Slate. Watson a changé le titre et les sous-titres. Cliquez ici pour lire l'article original

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