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Le geste des manifestants anti-coup d'État lors d'une marche à Yangon, au Myanmar, le vendredi 26 mars 2021. Les manifestants contre la prise de contrôle militaire du mois dernier au Myanmar sont retournés dans les rues en grand nombre jeudi, un jour après avoir organisé une

Le geste des manifestants anti-coup d'État lors d'une marche à Yangon, au Myanmar, le vendredi 26 mars 2021. Image: AP

L'effusion de sang en Birmanie crée l'indignation du monde entier

Journée noire pour la Birmanie qui déplore, le 27 mars, plus de 90 morts. Des pays du monde entier s'élèvent contre cette «tuerie». L'Etat birman s'en défend.



«Cette 76ème journée des forces armées restera gravée comme un jour de terreur et de déshonneur». Des mots forts employés par l'ambassade de l'Union européenne qui dénonce la répression des manifestations pro-démocratie en Birmanie ayant fait samedi plus de 90 morts. Il s'agit de la journée la plus sanglante depuis le coup d'Etat du 1er février.

La Birmanie porte à près de 420 le nombre de personnes tuées dans la répression depuis le putsch, selon l'Association pour l'assistance aux prisonniers politiques.

Un jour de révolution

Les militants pro-démocratie avaient appelé à une nouvelle série de manifestations samedi, jour où l'armée organise tous les ans un gigantesque défilé militaire devant le chef de l'armée Min Aung Hlaing, désormais chef de la junte au pouvoir.

«Aujourd'hui c'est comme un jour de révolution pour nous»

Un manifestant à Myingyan

La violence a éclaté dans toute la région de Mandalay (centre). Dans une démonstration de force sans précédent, la police a ouvert le feu sur des manifestants qui réclamaient la libération de leurs amis, selon des témoignages. Au final, les secouristes sur le terrain rapportent que pas moins de dix personnes ont péri sous leurs balles dans cinq villes différentes.

12 pays s'insurgent

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a condamné «dans les termes les plus forts» cette «tuerie». Laquelle a entraîné sur la scène internationale une série de condamnations et de sanctions touchant les avoirs de nombreux militaires puissants, dont leur chef, mais la pression diplomatique a eu jusqu'ici peu d'impact.

Les Etats-Unis, des pays de l'Union européenne, le Japon, l'Australie et la Grande-Bretagne se sont insurgés face à ce que tous qualifient de «meurtres» commis par l'armée dans le pays. Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, l'ambassade des USA a condamné le fait que «les forces armées tuent des civils non armés, y compris des enfants, les personnes qu'elle a justement juré de protéger».

Des manifestations «contre la tranquillité de l'Etat»

Pour la traditionnelle Journée des forces armées, des milliers de soldats, des chars, des missiles et des hélicoptères se sont succédé sur une immense esplanade de Naypyidaw, devant un parterre de généraux des délégations russe et chinoise.

Le commandant en chef du Myanmar, le général en chef Min Aung Hlaing, préside un défilé de l'armée lors de la Journée des forces armées à Naypyitaw, au Myanmar, le samedi 27 mars 2021. Le chef de la junte birmane a profité samedi de l'occasion des forces armées du pays. Journée pour tenter de justifier le renversement du gouvernement élu d'Aung San Suu Kyi, alors que les manifestants ont marqué la fête en appelant à des manifestations encore plus importantes (AP Photo)

Le commandant en chef de la Birmanie, le général en chef Min Aung Hlaing, lors de la Journée des forces armées à Naypyitaw, au Myanmar, le samedi 27 mars 2021 Image: AP

Le général Min Aung Hlaing a de nouveau défendu le coup d'Etat, accusant d'irrégularité les élections de novembre, remportées par le parti d'Aung San Suu Kyi, et a promis un «transfert de responsabilité de l'Etat» après des élections. «Les actes de terrorisme qui peuvent nuire à la tranquillité et à la sécurité de l'Etat sont inacceptables», a-t-il déclaré dans un discours. (ats/mndl)

La répression militaire en Birmanie en images

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La répression militaire en Birmanie en images
source: sda / lynn bo bo
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