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On est devenus accros au fitness, et le Covid-19 nous le révèle

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Comment nous sommes devenus accros au fitness

Les salles de sport ne rouvriront pas (encore) et leurs adeptes grognent, malgré les nombreuses alternatives pour suer en extérieur ou à la maison. On vous explique pourquoi le fitness est une drogue plus volontiers sociale que sportive.



«Au fitness, je paie, donc je veux en profiter. J'ai besoin d'avoir une routine. Et il n'y a pas la tentation du chocolat et du canapé.» Le cas de Vanessa Descombes n'est pas isolé. Cette maman au foyer de 41 ans fait partie d'une secte, à priori inoffensive et bonne pour la santé: les salles de sport. Depuis qu'elles ont fermé leurs portes (et ce n'est pas près de changer), de nombreux adeptes se sentent totalement abandonnés au point de ne plus faire de sport du tout. Too much?

L'avis tranché du sociologue du sport:

«Le fitness, on s'y sent comme dans un cocon. Il y a un effet d'addiction»

Christophe Jaccoud, de l'Université de Neuchâtel

Une addiction oui, mais pas forcément au sport! Le fitness, c'est d'abord pratique. Et à l'instar du lunch, de l'apéro ou de la séance chez le psy, il rythme notre vie sociale. On y est cajolé, materné presque. Grâce notamment à l'augmentation de la qualité et de la diversité des équipements sportifs, aux machines connectées, aux télévisions, saunas, hammams ou salles de massage qui enrichissent l'espace et enfin les horaires élargis ou les parkings.

Le fitness? Un temple du bien-être

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En clair: tout est anticipé, aménagé et sécurisé pour le quidam. Plus besoin de faire suer les neurones avant de rudoyer les biceps. Et Christophe Jaccoud est d'accord avec ça:

«Les salles sont pensées pour un mode de vie urbain. Il y a de la bienveillance et aucun jugement. On n'éprouve pas de gêne à se montrer en train de bouger. C'est très démocratique»

Vous avez besoin d'une autre preuve? Sandra Saverio faisait du yoga tous les jours avant de tout arrêter à la fermeture de sa salle préférée. Cette économiste de 62 ans soulevait aussi un peu les haltères. Tout à un très bon niveau. «J'ai donc besoin d'un instructeur, mais je n'ai pas les moyens de payer un coach à domicile. Et les cours proposés en ligne n'en valent pas la peine».

Mais alors: si tout est pensé pour le client, ça veut logiquement dire que le marketing carbure à plein régime pour que la secte prospère au pays des tapis de courses? Affirmatif.

Les publicités mettent volontiers en avant l'aspect social du fitness. En plein dans le mille! Parce que voir du monde, discuter, ça motive! «Il y a une émulation positive», s'enthousiasme Christophe Jaccoud, lui-même adepte des salles depuis deux ans. «C'est comme être au bout de la planche des dix mètres à la piscine de Bellerive à Lausanne. On ne peut plus faire marche arrière, il y a du monde qui attend derrière. On est obligé de se lancer!»

Une publicité de Let's go fitness

Exemple d'une publicité de Let's go fitness

Plonger dans le bain, plus facile de le faire à plusieurs quand on est sportif du dimanche. Geoffrey Tock, manager du Let's go fitness à Cortaillod (NE), l'a constaté:

«La convivialité est essentielle pour les gens qui pratiquent le fitness comme un loisir. Les sportifs avec de plus grands objectifs sont ceux qui arrivent le mieux à s’entraîner seuls loin des salles»

Sevrés de salles depuis deux mois, leurs habitués s'impatientent. «Je n'en peux plus d'errer derrière mes baies vitrées. Je veux quitter cette prison de verre, j'ai besoin d’évacuer avec le sport mes angoisses et ma tristesse!», se lamente Vanessa Descombes.

Il en revient au Conseil fédéral de décider quand la Vaudoise pourra quitter sa «geôle» pour aller à nouveau transpirer... entre quatre autres murs.

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