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La pandémie, ce détonateur

11 fausses alertes à la bombe depuis le début de l'année, dont 10 dans des écoles. C'est beaucoup. D'autant qu'il est probable que ça ne soit pas fini. Les jeunes s'ennuient (au mieux) et dépérissent (au pire). Il y a urgence, mais ailleurs.



Pétard mouillé. Déflagration virtuelle. Vrai détonateur: onze (fausses) alertes à la bombe depuis le début de l’année dans le canton de Vaud. Dix dans des écoles. Deux ce mercredi. C’est peu dire que les jeunes ont déjà fait exploser leur quota de coïncidences. Effet boule de neige, de mode et/ou d’annonce, les élèves évacués par des directeurs d’établissement déboussolés se filment sur TikTok depuis la cour où ils sont parqués par centaines le temps pour les autorités d’éliminer tout danger. Sur les vidéos, des rires parfois nerveux. L'esprit cerné à la fois par un sursaut d'adrénaline coupable et un épisode immersif sur Netflix.

Du mimétisme par l'effroi

Dans les faits, tout paraît affreusement simple. Une bête menace gribouillée par exemple dans les toilettes d’un établissement suffit à ce que l’alerte soit donnée et les cours interrompus. Inimaginable pour les professeurs de parier sur la plaisanterie. De flairer le canular et de vaquer comme si de rien n’était. Un seul vrai «boum» et les responsabilités éclatent. D'autant que les auteurs de ces fausses alertes l’ont vite compris: peu d’efforts pour un maximum de bruit politique et... médiatique. Mercredi, deux alertes en quelques heures. Et cet article, comme tous les autres à ce sujet, participe à sa façon à l'emballement. Du mimétisme par l'effroi.

Pas qu'un simple acte répréhensible

On en parlait d’ailleurs hier avec le psychologue spécialiste des ados Philip Jaffé: une fausse alerte à la bombe comme une volonté de se faire entendre. Autrement dit, faire retentir en plein jour un ras-le-bol généralisé qui résonne autour de cette jeunesse, on le sait, hautement perturbée par la pandémie. Et puis, pourquoi faudrait-il soudain avoir peur du risque de représailles judiciaires pour un (dangereux) canular alors qu’ils le prennent déjà (le risque) en s’infiltrant dans une fête clandestine ou en observant simplement leur avenir estudiantin d’un œil angoissé?

«Aujourd'hui, l'agacement et l'inquiétude dominent. J'aimerais dire mon soutien d'abord aux élèves qui sont les premières victimes» Pour Cesla Amarelle, patronne du Département de la formation, de la jeunesse et de la culture du canton de Vaud (DFJC), les victimes ne seraient pas les auteurs. Simple, basique. Trop. Se contenter de zoomer sur l'alerte à la bombe en tant qu'acte répréhensible permet aussi d'ignorer la grande image. Ces actes, en toc, mais en rafale, témoignent d’une vraie bombe plus vraiment à retardement: la santé mentale des gamins, leurs études, leurs débouchés, tout ça.

On le dit et on le répète, notamment ici, la problématique des jeunes coincés entre deux mesures Covid prend chaque jour une nouvelle ampleur. Ces alertes à la bombe, évidemment condamnables, mais insidieusement drapées dans une farce qui nous attrape (nous, journalistes, policiers, politiques, parents, observateurs, réseaux sociaux) vont malheureusement se multiplier si le vertige ressenti par cette génération n’est pas mieux pris en compte et encadré par ceux qui ont le pouvoir d’en adoucir (un peu) les effets secondaires. Nos élus en tête.

De quoi souffrent nos jeunes?

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